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<meta name="author" content="Louis Possoz" />
<meta name="Description"
content="Simulations énergétiques d'une Europe sans combustibles fossiles" />
<meta name="Keywords"
content="Energie, Renouvelable, Hydraulique, Biomasse, Eolien, Solaire, Géothermie, Nucléaire, Croissance" />
<meta name="Classification"
content="Science, Energie, Renouvelable, Simulation" />
<title>L'Europe sans les fossiles</title>
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(<acronym title=
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GIEC</acronym>)</a> <a href="http://www.iea.org/"><acronym title=
"Agence Internationale de l'Énergie">AIE</acronym>
(<acronym title="International Energy Agency">IEA</acronym>)</a>
<a href="http://www.aspo.be/"><acronym title=
"Association for the Study of Peak Oil & Gas">
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<a href="http://www.manicore.com/accueil.shtml">J.M.
Jancovici</a></div>
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<!-- ###### Body Text ###### -->
<div id="bodyText">
<h1>Une vie sans pétrole ?</h1>
<p>(et sans charbon ni gaz naturel...)</p>
<p>Pour échapper aux changements climatiques
engendrés par l'utilisation massive des combustibles
fossiles, mais aussi en raison de l'épuisement
inéluctable de ces combustibles, accumulés dans les
entrailles de la Terre durant des centaines de millions
d'années, beaucoup s'accordent à considérer
les <em>énergies renouvelables</em> comme le substitut
énergétique de premier choix.</p>
<p>Mais, comme nous le verrons ici, cela ne suffira pas et des
solutions moins faciles devront également être
envisagées.</p>
<ul>
<li>
<p>Certains voient dans les <em>énergies
nucléaires</em> le complément le plus
adéquat et le plus réaliste.</p>
</li>
<li>
<p>D'autres proposent une judicieuse association
d'<em>efficacité</em> et de <em>sobriété
énergétique</em>, que l'on rassemble parfois aussi
sous le terme de <em>"négawatts"</em>, c'est-à-dire
d'énergie dont on se passe, celle que l'on ne consomme
pas.</p>
</li>
<li>
<p>D'autres encore, pour atténuer l'effet sur le climat,
envisagent la <a
href="sequestrationcarbone.html">séquestration du
carbone</a> c'est-à-dire l'enfouissement, pour toujours
(?), du CO<sub>2</sub> dans des couches géologiques.</p>
</li>
</ul>
<p>Et pour corser le tout, il faudra encore parler de la
<em>croissance économique</em> qui, pour l'instant, est
généralement considérée dans les
milieux économiques, financiers et politiques comme un
élément parfaitement indispensable au
bien-être collectif et qui ne saurait être remise en
question, quelle que soit la gravité des problèmes
qu'elle a créés.</p>
<p>Cette page propose une démarche concrète et
quantifiée pour comparer ces différentes voies.
Toutes les remarques et suggestions sur notre démarche
sont bienvenues. Notre objectif n'est pas de défendre
telle ou telle opinion personnelle mais bien de rassembler des
observations, des faits et de dégager le consensus de la
communauté scientifique travaillant sur les questions
d'énergie, ingénieurs et physiciens. Notre objectif
est de mettre à la disposition des économistes, des
politiques et, surtout, des citoyens, les informations de base
qui alimenteront leur réflexion et les aideront à
poser les choix de société indispensables.</p>
<div class="boxedLight">
<h1>Résumé</h1>
<p>Par quoi pourrions-nous remplacer les combustibles
fossiles ?</p>
<ul>
<li>
<p>Les <a href="#renouvelables"><b>énergie
renouvelables</b></a>. Nous nous fixerons des objectifs ambitieux
en regard de la consommation actuelle d'énergie primaire
dans Europe des 15. On envisagera un développement
maximaliste :</p>
<ol>
<li><a href="#hydraulique">Hydraulique</a>. Augmentation de 25%
de la production d'énergie hydraulique malgré un
potentiel européen limité.</li>
<li><a href="#biomasse">Biomasse</a>. Production de biomasse
destinée à usage d'énergie sur une
superficie d'un quart d'hectare par personne.</li>
<li><a href="#solaire">Solaire</a>. Dix mètres
carrés de capteurs solaires par individu.</li>
<li><a href="#eolien">Eolien</a>. Une éolienne pour mille
habitants.</li>
<li><a href="#geothermie">Géothermie</a>. Un
décuplement de l'utilisation de l'énergie
géothermique.</li>
</ol>
<p>Tout compris, on obtient ainsi un quart de la consommation
actuelle d'énergie.</p>
</li>
<li>
<p>L'<a href="#nucleaire"><b>énergie
nucléaire</b></a>. Si l'on ne peut se résoudre
à diminuer la consommation d'énergie, la seule
possibilité pour produire les trois quarts restants sans
combustibles fossiles consisterait à créer une
centrale nucléaire par million d'habitants (centrale de
quatre réacteurs).</p>
</li>
<li>
<p>La <a href="#croissance"><b>croissance
économique</b></a>. Si la croissance de la consommation
d'énergie liée à la croissance
économique se poursuit, il faudra périodiquement
doubler le nombre de centrales nucléaires, ce qui sera en
pratique impossible.</p>
</li>
</ul>
</div>
<p>Dans cette page, notre principale unité
d'énergie sera le <b>kilogramme d'équivalent
pétrole par jour et par personne</b> (<a
href="consommationmonde.html#uniteenergie">kep/j/p</a>). D'autre
part, comme dans les chapitres précédents, notre
analyse portera essentiellement sur l'<a
href="glossaire.html#europe15">Europe des 15</a>, pour
différentes raisons de taille,
d'homogénéité et de statistiques.</p>
<div class="boxedDark">
<h1><a name="renouvelables" id="renouvelables"></a>Quelle place
pour les énergies renouvelables ?</h1>
<p>Toutes les énergies renouvelables, à l'exception
de la géothermie et de l'énergie des marées,
sont des transformations plus ou moins immédiates de
l'énergie du rayonnement solaire reçu par la Terre.
Elles comprennent l'énergie hydraulique, la biomasse,
l'énergie solaire, l'énergie du vent, de la houle
et des courants.</p>
<p>Quelle pourrait être, <strong>au grand maximum</strong>,
la contribution de chacune d'elles à l'approvisionnement
en énergie de l'Europe (des 15) ? Pour chaque forme
d'énergie renouvelable, nous choisirons une méthode
d'estimation qui soit à la fois simple, robuste et facile
à vérifier. Il s'agit bien entendu d'une simulation
et chacun est libre de modifier les scénarios
adoptés selon ses propres estimations.</p>
<h2><a name="hydraulique" id="hydraulique"></a>Hydraulique</h2>
<p>Si le potentiel en <a
href="/Classification-des-energies#hydraulique">énergie
hydraulique</a> dans certaines parties du monde n'est encore
qu'assez partiellement exploité, comme le montre la carte
ci-dessous, il n'en est pas de même en Europe. Une longue
et très ancienne tradition, largement amplifiée
tout au long de l'ère industrielle, n'a laissé que
très peu de potentialités inexploitées. Et
ces ressources inexploitées sont
généralement de petite taille, en hauteur ou en
débit, et ne pourront apporter qu'un complément
limité à la production actuelle. D'autre part, la
technologie du turbinage hydraulique est aujourd'hui mature. Son
rendement, qui dépasse couramment 90%, ne pourra plus
guère être amélioré. Malgré ces
remarques, notre scénario maximaliste envisage une
<b>croissance de 25%</b>. Ainsi, la production d'énergie
hydraulique passerait ainsi de 0,20 à 0,25 <a
href="consommationmonde.html#uniteenergie">kep/j/p</a>. Par
comparaison, l'UE envisage une croissance de 15% de la puissance
installée d'ici 2030, essentiellement dans la <em>"petite
hydraulique"</em> (petits cours d'eau et petites chutes).</p>
<p class="diapo"><img src="img/Diapositive31.jpg"
alt="Potentiel hydraulique" /></p>
<hr />
<h2><a name="biomasse" id="biomasse"></a>Biomasse</h2>
<p>L'<a
href="/Classification-des-energies#biomasse">énergie de la
biomasse</a> est utilisée par l'homme depuis la nuit des
temps et elle constitue, encore aujourd'hui, une ressource
importante dans toutes les <a
href="consommationmonde.html#regions">régions du
monde</a>. En Europe, l'énergie accumulée dans les
végétaux terrestres dépend du <a
href="rendementphotosynthese.html">rendement de la
photosynthèse</a>. Elle représente environ 0,5% de
l'énergie solaire atteignant une surface de terrain
couverte de végétation.</p>
<p>Concernant la biomasse, se fixer un objectif est complexe. Les
filières pour la production d'énergie à
partir de la biomasse sont très nombreuses :</p>
<ul>
<li>cultures dévolues : biocarburants, taillis à
courte rotation...</li>
<li>résidus des activités agricoles et
forestières : paille, branches...</li>
<li>résidus d'activités industrielles : liqueur
noire de l'industrie du papier, déchets des
scieries...</li>
<li>excréments d'animaux</li>
<li>déchets urbains : incinération,
biométhanisation...</li>
</ul>
<p>Or, dans tous les cas, il s'agit au départ
d'énergie solaire, stockée dans des
végétaux grâce à la
photosynthèse. Plutôt qu'une analyse par
filière, il est plus simple et globalement plus fiable de
se fixer une valeur pour les deux paramètres principaux
que sont :</p>
<ul>
<li>la <b>productivité</b> en biomasse, soit le nombre de
tonnes d'équivalent pétrole produites en un an par
une unité de surface (tep/ha/an), et</li>
<li>la <b>superficie</b> dont la totalité serait
consacrée à la production
d'énergie-biomasse, comptée en hectares par
personne.</li>
</ul>
<p>En Europe, la productivité en biomasse sèche
(qui, conventionnellement, contient encore 20% d'humidité)
dépasse rarement les 10 tonnes par hectare et par an. De
plus, le contenu énergétique (<acronym
title="Pouvoir Calorifique Inférieur">PCI</acronym>) d'une
tonne de biomasse sèche est bien inférieur à
celui d'une <acronym
title="tonne d'équivalent pétrole">tep</acronym>.
Dix tonnes de biomasse sèche correspondent à peu
près à 4 tep, soit une division par 2,5
approximativement.</p>
<p>De plus, cette biomasse est brute et convient très peu
à un usage direct. Il faudra généralement la
transformer en une matière plus facilement exploitable par
des équipements de production d'électricité
ou de locomotion (combustibles, biocarburants...). Dans le bilan
énergétique, il faut donc non seulement
décompter l'énergie pour la <b>culture</b> mais,
surtout, pour les <b>intrants</b> (engrais et pesticides) et pour
la <b>transformation</b> de la biomasse brute en carburant ou
combustible. Dans le cas des biocarburants par exemple,
l'énergie résiduelle nette va, selon les
études et les chercheurs, de 1 <acronym
title="tonne d'équivalent pétrole par hectare et par an">
tep/ha/an</acronym>, au maximum, à pratiquement rien.</p>
<p>Cependant, les biocarburants ne constituent peut-être
pas l'usage le plus efficace de la biomasse, à cause des
difficultés à transformer la biomasse en une
énergie sous forme liquide à laquelle nous sommes
tellement habitués. Un usage plus direct de la biomasse,
par combustion ou gazéification, serait probablement plus
judicieux. Partant de l'hypothèse que les technologies de
transformation pourront être améliorées, nous
envisagerons pour notre scénario une productivité
moyenne nette de <b>2 tonnes d'équivalent pétrole
par hectare et par an</b> (2 tep/ha/an).</p>
<p>En pratique, la biomasse produite par l'agriculture ou la
sylviculture ne sera généralement que partiellement
utilisée pour la production d'énergie, directement
ou indirectement. Nous supposerons que, au total, cet usage
correspond à la production totale de biomasse d'une
superficie égale à un quart du territoire
européen. Bien entendu, dans l'usage des sols, il y aura
une compétition entre les productions
biomasse-énergie et alimentaire. La densité moyenne
de la population européenne étant un peu
supérieure à 100 habitants par km<sup>2</sup>,
notre hypothèse correspond à une superficie de
près d'<b>un quart d'hectare par personne</b> !</p>
<p>A partir de ces deux valeurs, productivité et
superficie, on calcule que la production d'énergie serait
de près de 0,5 tep par an et par personne ou,
précisément, de <b>1,18 <a
href="consommationmonde.html#uniteenergie">kep/j/p</a></b>, qu'il
faut comparer à la consommation actuelle de
biomasse-énergie de 0,37 kep/j/p. La carte suivante
indique la consommation d'énergie-bois dans
différents pays, de moins de 30 kg à plus
d'une tonne par personne et par an (qu'il faut diviser par 2,5
pour connaître l'équivalent en pétrole). On
notera encore que l'énergie-bois représente
actuellement les trois quarts de la biomasse-énergie
consommée en Europe.</p>
<p class="diapo"><img src="img/Diapositive32.jpg"
alt="Potentiel biomasse" /></p>
<hr />
<h2><a name="solaire" id="solaire"></a>Solaire</h2>
<p>Pour capter l'<a
href="/Classification-des-energies#photovoltaique">énergie
du soleil</a>, on utilise des <em>capteurs
photovoltaïques</em> ou des <em>capteurs thermiques</em>.
Les premiers convertissent directement le rayonnement solaire en
électricité. Dans les seconds, ce rayonnement sert
le plus souvent à produire de l'eau chaude sanitaire ou
participe au système de chauffage. La carte ci-dessous
indique la quantité d'énergie solaire captée
en un an par un mètre carré de surface horizontale.
La moyenne en Europe tourne autour de 1.000 <acronym
title="kilowattheure par mètre carré et par an">kWh/m<sup>2</sup>/an</acronym>
(ou 0,24 <acronym
title="kilogramme d'équivalent pétrole par mètre carré et par jour">
kep/m<sup>2</sup>/j)</acronym>.</p>
<p>Pour notre scénario, nous allons attribuer <b>10
mètres carré de panneaux photovoltaïques
à chaque habitant</b>, soit 40m<sup>2</sup> pour une
famille de 4 personnes. Cela correspond plus ou moins à
couvrir tous les versants sud des toitures d'Europe de capteurs
solaires. On aurait pu préférer des panneaux
solaires thermiques mais le rendement utile est alors plus
difficile à estimer car il est très difficile de
distinguer la fraction réellement utile de la chaleur
emmagasinée de celle qui ne répondra à aucun
besoin.</p>
<p>Le rendement annoncé par les vendeurs de cellules
photovoltaïques peut approcher les 20%. Mais, pour une
<em>"ferme solaire"</em>, c'est à dire un assemblage de
panneaux photovoltaïques, on considère actuellement
comme bon un rendement moyen de 10%. Cela tient au fait que seule
une partie de la surface est réellement occupée par
les cellules photovoltaïques proprement dites, que la
propreté des panneaux n'est pas à tout instant
optimale, etc. Malgré ces limitations, nous supposerons
que des progrès dans cette technologie encore jeune
permettront d'atteindre un <b>rendement effectif moyen de
20%</b>.</p>
<p>Avec ces hypothèses, la production d'énergie
solaire en Europe passerait de pratiquement zéro
aujourd'hui à un peu moins de <b>0,5 <a
href="consommationmonde.html#uniteenergie">kep/j/p</a></b>.</p>
<p class="diapo"><img src="img/Diapositive34.jpg"
alt="Potentiel solaire" /></p>
<hr />
<h2><a name="eolien" id="eolien"></a>Éolien</h2>
<p>L'<a
href="/Classification-des-energies#eolienne">énergie du
vent</a> est utilisée par l'homme depuis des
millénaires. Pour la navigation à voile d'abord
mais aussi pour faire tourner différents types de moulins.
Ainsi que le stipule la loi de Betz, on ne peut
récupérer qu'une partie (moins de 59%) de
l'énergie du vent. Cependant, comme le vent est "gratuit",
ce n'est pas tant le rendement qui est important que le rapport
entre l'énergie produite par l'éolienne et son
poids ou son coût.</p>
<p>La carte ci-dessous indique les vitesses de vent en plaine
ouverte. Dans les autres situations, il faut utiliser un facteur
correctif, augmentation en mer et diminution en terrain moins
bien dégagé. Comme on peut s'y attendre, les
vitesses de vent les plus importantes se trouvent sur la
façade atlantique.</p>
<p>Pour notre scénario maximaliste des énergies
renouvelables, nous envisagerons d'équiper l'Europe en
éoliennes de un mégawatt de puissance nominale
à raison d'<b>une éolienne pour mille
habitants</b>. Ce sont déjà de belles
éoliennes, dont le diamètre du rotor avoisine les
60 m. Mais on peut tout aussi bien proposer une
éolienne de 2 mégawatts pour deux mille habitants.
Cependant une éolienne ne produit pas en permanence une
énergie correspondant à sa puissance nominale car
le vent peut être plus faible voire nul.
L'expérience montre qu'une éolienne terrestre
produit annuellement la quantité d'énergie
électrique correspondant au fonctionnement à sa
puissance nominale pendant 2.000 heures (environ un quart du
temps) et une éolienne marine pendant
3.000 heures.</p>
<p>Au plus la taille des éoliennes augmente au plus il
faut les écarter les unes des autres pour qu'elles ne se
nuisent pas mutuellement. Ainsi, on estime la densité de
puissance à 10 <acronym
title="mégawatt par kilomètre carré">MW/km<sup>2</sup></acronym>.
Juste pour fixer les idées, avec une
éolienne pour mille habitants on couvrirait, pour l'Europe
des 15, une bande de 3.800 km de long (la longueur de la
façade atlantique européenne) et de 10 km de
large.</p>
<p>L'objectif d'une éolienne par mille habitants
permettrait de produire <b>0,5 <a
href="consommationmonde.html#uniteenergie">kep/j/p</a></b>,
contre très peu aujourd'hui.</p>
<p>Comme nous l'avons fait pour la biomasse, nous regrouperons ici,
avec les �oliennes, toutes les technologies qui puisent leur �nergie
dans les mouvements de l'atmosph�re ou de la mer. On pourrait par
exemple remplacer un certain nombre de ces
éoliennes par des "hydrauliennes", qui utilisent
l'énergie des courants marins, ou par ces nouvelles
machines qui produisent de l'énergie à partir de la
houle. Dans les deux cas, les machines envisagées par les
fabricants ont une production annuelle du même ordre
de grandeur que celle d'une éolienne.</p>
<p class="diapo"><img src="img/Diapositive35.jpg"
alt="Potentiel éolien" /></p>
<hr />
<h2><a name="geothermie"
id="geothermie"></a>Géothermie</h2>
<p>La carte ci-dessous indique le flux de chaleur (<a
href="/Classification-des-energies#geothermique">énergie
géothermique</a>) qui traverse la croûte terrestre
en provenance du manteau. Il est en moyenne de 70 <acronym
title="milliwatts par mètre carré">mW/m<sup>2</sup></acronym>
ce qui correspond à 1,4 <acronym
title="kilogramme d'équivalent pétrole par hectare et par jour">
kep/ha/j</acronym>. Cette faible puissance et la faible
température qui règne à quelques
mètres sous terre rendent cette énergie totalement
inexploitable et c'est à tort que l'on qualifie de
géothermie un système de chauffage basé sur
un cycle de pompe à chaleur.</p>
<p>La géothermie consiste le plus souvent à
utiliser la chaleur stockée à une
température suffisante (quelques centaines de
degrés centigrades) dans de vastes nappes aquifères
profondes ou dans des zones de roches fracturées dans
lesquelles on injectera de l'eau. Après quelques
décennies, la température du réservoir
thermique devient insuffisante et le captage est
abandonné, le flux de chaleur en provenance du manteau
étant insuffisant pour compenser le refroidissement
dû à l'exploitation géothermique. Ce n'est
qu'à proximité des cheminées volcaniques,
comme en Islande par exemple, que le flux de chaleur peut
être suffisant pour une exploitation continue.</p>
<p>Pour notre scénario, nous contournerons la
difficulté d'estimation du potentiel
énergétique en fixant comme objectif une
multiplication par dix de la production actuelle d'énergie
géothermique. Nous produirions alors <b>0,22 <a
href="consommationmonde.html#uniteenergie">kep/j/p</a></b>
d'énergie géothermique.</p>
<p class="diapo"><img src="img/Diapositive36.jpg"
alt="Potentiel géothermique" /></p>
<hr />
<h2><a name="synthese" id="synthese"></a>Synthèse</h2>
<p>Résumons-nous. Reprenons les différents
éléments de notre scénario sur les
énergies renouvelables.</p>
<ul>
<li>pour mille habitants
<ul>
<li>250 hectares de biomasse à 2 <acronym
title="tonne d'équivalent pétrole par hectare et par an">
tep/ha/an</acronym></li>
<li>une éolienne de 1 <acronym
title="mégawatt">MW</acronym></li>
<li>un hectare de capteurs solaires à 20% de
rendement</li>
</ul>
</li>
<li>avec encore
<ul>
<li>augmentation de l'énergie hydraulique de 25%</li>
<li>décuplement de la géothermie</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>Et voici le résultat de notre simulation sous forme
graphique, ainsi que celui de la situation actuelle des
renouvelables. Le cercle entier représente la consommation
actuelle d'<a
href="/Classification-des-energies#energieprimaire">énergie
primaire</a> dans l'Europe des 15.</p>
<p class="diapo"><img
src="img/simulationpotentielrenouvelables.jpg"
alt="Synthèse du potentiel des renouvelables" /> <img
src="img/simulationactuelrenouvelables.jpg"
alt="Situation actuelle des renouvelables" /></p>
<p>La biomasse représente le gros morceau des
énergies renouvelables, suivie par l'éolien et le
solaire. Au total, dans ce scénario très ambitieux,
les énergies renouvelables permettraient de couvrir
environ un quart de la consommation actuelle d'un Européen
(des 15). Est-ce peu ? Est-ce beaucoup ? Chacun en
décidera. Il faut cependant rappeler que notre
consommation actuelle d'énergie est faramineuse
puisqu'elle équivaut à consommer le stock de
combustibles fossiles (la biomasse du passé) de l'ordre
d'un million de fois plus vite qu'il ne s'est accumulé au
cours des temps géologiques. C'est peut-être
là qu'est la démesure et non dans la
modicité de la production d'énergie renouvelable
résultant de notre scénario.</p>
<p>Comme tout scénario, celui-ci peut librement être
modifié pour y intégrer vos propres
estimations.</p>
</div>
<div class="boxedLight">
<h1><a name="nucleaire" id="nucleaire"></a>L'énergie
nucléaire pour remplacer les combustibles
fossiles ?</h1>
<p>Quoique l'on pense de l'<a
href="/Classification-des-energies#fission">énergie
nucléaire</a>, il est intéressant de se poser la
question de son utilisation en remplacement des énergies
fossiles. Pour rendre les choses concrètes, on se
demandera combien il faudrait de centrales nucléaires pour
remplacer les énergies fossiles en Europe (des 15).</p>
<p>Nos hypothèses seront les suivantes.</p>
<ul>
<li><em>Production maximale des énergies
renouvelables</em>, comme détaillé
précédemment.</li>
<li><em>Conservation de la production nucléaire</em>
europ�enne actuelle, �lectricit� et chaleur. Rappelons que l'�nergie
nucl�aire est convertie pour un tiers en �lectricit� et pour deux
tiers en chaleur. Cette derni�re est pratiquement inutilis�e
(elle sert surtout � chauffer l'atmosph�re ou les cours d'eau).</li>
<li>Le complément pour atteindre le niveau actuel de
consommation d'énergie primaire sera calculé
suivant le <a
href="/+-Exergie-+"><em>principe
de substitution</em></a> : seule l'énergie
électrique fournie par les centrales nucléaires
additionnelles servira réellement à remplacer les
combustibles fossiles. Par exemple en développant
massivement l'usage des véhicules électriques pour
le transport, des pompes à chaleur pour le chauffage,
voire en produisant de grandes quantit�s d'hydrog�ne si l'on surmonte
les difficult�s de maniement de ce gaz.</li>
<li>Pour notre simulation, nous envisagerons des centrales type,
composées chacune de quatre réacteurs
nucléaires fournissant chacun <em>un gigawatt de puissance
électrique</em>. Ce sont des réacteurs un peu plus
gros que la plupart de ceux qui existent actuellement en Europe
mais qui correspondent assez bien à l'état de l'art
en la matière. Par comparaison rappelons qu'il y a
actuellement sept réacteurs en Belgique, quatre à
Doel et trois à Tihange et que leur puissance moyenne est
de 0,8 <acronym
title="mégawatt élecrique">MWe</acronym>.</li>
<li>Enfin, nous supposerons un <em>taux d'utilisation de
80%</em>, c'est-à-dire que ces centrales produiront
annuellement la quantité d'électricité
correspondant à leur fonctionnement à la puissance
nominale pendant 80% du temps. Les 20% restants correspondent
à des périodes de demande plus faible ou
d'entretien.</li>
</ul>
<p>Sous ces différentes hypothèses, on calcule
qu'il faudrait environ <b>une centrale nucléaire par
million d'habitants</b> (0,96 million plus
précisément).</p>
<p>Ce cocktail énergétique est
représenté dans le graphique suivant dans lequel,
comme précédemment, les quantités sont
exprimées en <em>kilogramme d'équivalent
pétrole par jour et par personne</em> (<a
href="consommationmonde.html#uniteenergie">kep/j/p</a>)
d'énergie primaire. Les énergies renouvelables
représentent environ 25% du total, le nucléaire
actuel 15% et le nucléaire additionnel 60%.</p>
<p class="diapo"><img src="img/tarteavecnucleaire.jpg"
alt="Tarte avec substitution de l'énergie fossile par du nucléaire" />
</p>
<p>Bien entendu, nous n'avons pas abordé ici une
série de questions :</p>
<ul>
<li>Le rejet de chaleur inéluctable qu'impose le
<em>principe de Carnot</em> à toute centrale thermique (et
donc nucléaire). Il se fait généralement par
évaporation de l'eau puisée dans un cours d'eau
mais peut aussi consister à réchauffer de l'eau de
mer.</li>
<li>La gestion des déchets nucléaires sur le long
terme.</li>
<li>Le combustible actuel, l'uranium 235, dont les
réserves mondiales seraient rapidement
épuisées. Il faudra alors compter sur les
réacteurs dits de quatrième
génération qui peuvent utiliser des <acronym
title="ceux qui ne sont pas directement fissiles mais peuvent être aisément convertis en matériaux fissiles">
combustibles fertiles</acronym> tels l'uranium 238 ou le thorium.
Les spécialistes prévoient que de tels
réacteurs pourraient être opérationnels d'ici
30 ou 40 ans.</li>
<li>La sécurité et les accidents nucléaires
(impacts de la banalisation de la technologie).</li>
<li>Les équilibres géostratégiques :
tous les pays voudront certainement atteindre un niveau
comparable à celui de l'Europe, et peut-être des
Etats-Unis. De plus, la population de la planète est
amenée à croître encore.</li>
<li>La prolifération, les usages militaires et le
terrorisme...</li>
</ul>
</div>
<div class="boxedDark">
<h1><a name="croissance" id="croissance"></a>... puis, il y a
aussi la croissance !</h1>
<p>Dans tous les domaines et dans tous les pays, on constate que
la croissance économique s'accompagne d'une augmentation
de la consommation d'énergie.</p>
<p>Comme le montre le graphique ci-dessous sur la consommation
totale d'énergie primaire, durant les 25 dernières
années, la consommation mondiale d'énergie a
augmenté en moyenne de 1,9% avec une
accélération de cette croissance, jusqu'à
4,9% en 2004 ! Dans le cas de l'Europe des 15, la croissance
moyenne est de 1% (1,9% en 2004).</p>
<p>Dans le cas des pays industrialisés, il faut encore
tenir compte d'une externalisation de plus en plus significative
de la consommation d'énergie : de plus en plus de
produits consommés en Europe, proviennent de pays
émergents (Chine, Inde...). Or l'énergie
consommée pour produire ces biens n'est pas
comptabilisée en Europe. Ce sont les pays de vieille
industrialisation (Europe, Etats-Unis) qui consomment ces biens
mais d'autres pays qui se voient imputer la consommation
d'énergie et les émissions de
CO<sub>2</sub> !</p>
<p class="diapo"><img src="img/croissancechiffres.jpg"
alt="Croissance passée de la consommation d'énergie" />
</p>
<p>Voyons la composition et l'évolution de ce cocktail
énergétique en fonction de la croissance de la
consommation. Partant de la situation actuelle </p>
<p class="diapo"><img src="img/croissance0.jpg"
alt="Croissance du futur 1" /></p>
<p>quel que soit le taux de croissance de la consommation
énergétique, elle doublera après un certain
nombre d'années,</p>
<p class="diapo"><img src="img/croissance1.jpg"
alt="Croissance du futur 2" /></p>
<p>puis doublera encore,</p>
<p class="diapo"><img src="img/croissance2.jpg"
alt="Croissance du futur 3" /></p>
<p>et encore...</p>
<p class="diapo"><img src="img/croissance3.jpg"
alt="Croissance du futur 4" /></p>
<p>Ainsi avec une croissance annuelle de</p>
<ul>
<li>3%, on double tous les <b>23 ans</b></li>
<li>2%, on double tous les <b>35 ans</b></li>
<li>1%, on double tous les <b>70 ans</b></li>
</ul>
<p>Et comme la surface de la Planète et de l'Europe
n'augmentera pas dans la même proportion, n'autorisant pas
une croissance parallèle de la production des
énergies renouvelables, il faudrait sans cesse doubler le
nombre de centrales nucléaires, passant d'une centrale par
million d'habitants à deux, puis quatre, puis huit, etc.
Nous devons être francs : cela est impossible.</p>
<p>Et comme il n'y a pas d'autre source d'énergie
disponible, la poursuite de la croissance de la consommation
d'énergie ne sera pas possible. Il faudra bien trouver
autre chose...</p>
</div>
<p class="signature"><a href="/Groupe-ORMEE">ORMEE</a><br />
2007</p>
</div>
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<div>Modifié: <!--date format="d-m-yyyy"--><!--/date--><!--ih:date format="d-m-yyyy"-->17-3-2008<!--/ih:date--> | Auteur: <a href="louis_possoz.html"
title="CV auteur">Possoz</a></div>
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